Cairn info:écrivains africains d’expression française

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Les auteurs choisis incarnent par leurs écrits les différentes périodes de la littérature francophone d’Afrique. Ils ont été les précurseurs ou les fondateurs des courants et mouvements de pensées les plus importants.
Léopold Sédar Senghor
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Né à Joal, Léopold Sédar Senghor (1906-2001) est un poète et un homme d’État sénégalais. Il est l’un des principaux porte-parole de la Négritude. Auteur d’une Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française (1948), il affirme qu’elle est la « simple reconnaissance du fait d’être noir, et l’acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire et de notre culture ». Fervent défenseur du fédéralisme pour les États africains, il devient le premier président du Sénégal de 1960 à 1980.
Léopold Sédar Senghor
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Chantre actif de la Francophonie, il est aussi le premier Africain à entrer à l’Académie française en 1983. Il est considéré aujourd’hui comme l’un des plus grands poètes africains. Ses principaux ouvrages sont Hosties noires (1948) et Éthiopiques (1956).
Cheikh Anta Diop
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Né à Djourbel, Cheikh Anta Diop (1923-1986) est un historien, anthropologue et linguiste sénégalais.
Cheikh Anta Diop
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Son œuvre replace l’Afrique au cœur des sciences humaines et de l’histoire mondiale, de l’archéologie à l’égyptologie, et de la linguistique à l’anthropologie. Antériorité des civilisations nègres, mythe ou vérité historique ? (1967) affirme le rôle fondamental joué par l’Afrique dans l’histoire des civilisations européenne et égyptienne. Critiqués et contestés, ses travaux sont à replacer dans le contexte intellectuel des années 1950 à 1970 en Afrique et dans le monde. En 1966, il reçoit le prix du Premier festival mondial des Arts nègres. Il est nommé professeur d’histoire ancienne à l’université de Dakar en 1981. Ses principaux ouvrages sont L’Unité culturelle de l’Afrique noire (1959) et Nation nègre et culture (1968).
Ahmadou Kourouma
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Né à Boundiali, Ahmadou Kourouma (1927-2003) est un écrivain ivoirien d’origine malinké. Son premier livre, Les Soleils des indépendances (1976), qui porte un regard très critique sur les gouvernants de l’après-décolonisation, le consacre comme l’un des écrivains les plus importants du continent africain.
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Son troisième roman, En attendant le vote des bêtes sauvages (1998), histoire d’un chasseur qui devient dictateur, poursuit sa volonté de décrire les maux de l’Afrique postcoloniale : tyrannie, anarchie, pauvreté, gabegie, corruption, naïveté… En 2000, Allah n’est pas obligé, histoire d’un orphelin qui devient enfant soldat, reçoit le prix Renaudot. Il est également l’auteur de Monnè, outrages et défis (1990) et de Quand on refuse on dit non (2004). En 2000, il a reçu le prix Jean-Giono pour l’ensemble de son œuvre.
Ahmadou Kourouma
Cheikh Hamidou Kane
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Né en 1928 à Matam, Cheikh Hamidou Kane est un écrivain sénégalais d’expression française. Après des études à Paris, il retourne au Sénégal où il devient fonctionnaire international puis haut-fonctionnaire sénégalais. Son œuvre majeure est L’Aventure ambiguë (1961), conte du déchirement d’un émigré africain en Occident pris entre deux cultures.
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Devenu un classique de la littérature africaine, le livre reçoit le Grand Prix littéraire d’Afrique noire en 1962. Après un silence littéraire de plusieurs décennies, il publie en 1995, Les Gardiens du temple, suite de L’Aventure ambiguë.
Mongo Beti
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Né au Cameroun, Mongo Beti (1932-2001), dit Eza Boto, est un écrivain camerounais. Agrégé de lettres classiques, enseignant, il a écrit de nombreux ouvrages contre la civilisation occidentale, dont le roman Le Pauvre Christ de Bomba (1956), qui brosse un portrait au vitriol du monde missionnaire et colonial. Ses thèmes de prédilection sont l’injustice et l’autocratie.
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En 1972, Main basse sur le Cameroun, autopsie d’une décolonisation est interdit en France. En 1991, il retourne au Cameroun, après trente-deux ans d’exil. Ses principaux ouvrages sont Ville cruelle (1954), Mission terminée (1957) et Le Roi miraculé (1958).
Amadou Hampâté Bâ
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Né à Bandiagara, Amadou Hampâté Bâ (1901-1991) est un écrivain malien. Fonctionnaire dans l’administration coloniale, puis diplomate après l’indépendance, il consacre sa vie au recueil des traditions orales d’Afrique de l’Ouest, dont il publie plusieurs récits initiatiques : Kaïdara, récit initiatique peul (1969), Njeddo Dewal, mère de la calamité (1985) et Ce que vaut la poussière (1987). Sa renommée littéraire arrive avec le roman L’Étrange Destin de Wangrin (1973), qui obtient le Grand Prix littéraire d’Afrique noire en 1974.
Amadou Hampâté Bâ
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Il consacre la fin de sa vie à la rédaction de ses mémoires, Amkoullel, l’enfant peul (1991) et Oui, mon commandant ! (1994), publiés en France après sa mort.
Kateb Yacine
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Né à Constantine, Kateb Yacine (1929-1989) est un écrivain algérien d’expression française. Intellectuel engagé et journaliste, il adhère au Parti communiste algérien en 1947. En 1956, il publie Nedjma (reconnu aujourd’hui comme le texte fondamental de la littérature algérienne de langue française), puis se consacre au théâtre (Le Cercle des représailles, 1959).
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Son œuvre, faite de violence et de rupture, évoque la figure mythique de l’Algérie et l’aliénation coloniale. Quatre ans après sa mort, il est inscrit au programme de la Comédie-Française. Ses principaux ouvrages sont Soliloques (1946), Le Polygone étoilé (1966), L’Homme aux sandales de caoutchouc (1970).
Mohammed Choukri
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Né dans le Rif, Mohammed Choukri (1935-2003) est un écrivain marocain. Enfant des rues, il apprend à lire et à écrire lors d’un passage en prison et devient instituteur. Son premier ouvrage, Le Pain nu (1982), récit autobiographique écrit en arabe, connaît à la fois un succès international
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(il a été traduit par Paul Bowles) et une polémique dans les pays arabes (il possède des références sexuelles explicites), à tel point que le livre a été censuré au Maroc jusqu’en 2000. Mêlant arabe classique et arabe dialectal, ses œuvres évoquent avec crudité la sexualité, la pauvreté et la violence.
Assia Djebar
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Née en 1936 à Cherchell, Assia Djebar est une écrivaine algérienne d’expression française. Auteur de romans, de nouvelles, de poésies, d’essais et de pièces de théâtre, elle a aussi réalisé plusieurs films (La Nouba des femmes du Mont Chenoua, 1978 ; La Zerda ou les chants de l’oubli, 1982). Son œuvre porte sur l’histoire algérienne, l’émancipation des femmes et la violence.
Cheikh Hamidou Kane
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Considérée aujourd’hui comme un auteur majeur du Maghreb, elle a reçu de nombreux prix et a été élue à l’Académie française en 2005. Ses principaux ouvrages sont La Soif (1956), Les Enfants du Nouveau Monde (1962), L’Amour, la fantasia (1985), Nulle part dans la maison de mon père (2007).
Kateb Yacine
Ken Bugul
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Née en 1947, Mariètou Mbaye Biléoma, dite Ken Bugul (« Celle dont personne ne veut » en wolof) est une écrivaine sénégalaise. Après une carrière de fonctionnaire internationale, elle se consacre à la littérature depuis 1994. Son œuvre aborde son intimité, sa sexualité et l’identité féminine. Riwan ou Le chemin de sable a été couronné du Grand Prix littéraire de l’Afrique noire en 1999. Ses principaux ouvrages sont Cendres et Braises (1994), De l’autre côté du regard (2003) et Mes hommes à moi (2008).
Aminata Sow Fall
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Née en 1941, Aminata Sow Fall est une écrivaine sénégalaise. Pionnière de la littérature africaine francophone, son œuvre porte un regard critique sur l’hypocrisie de la société sénégalaise et l’idéologie patriarcale. Son roman, La Grève des bàttu ou les déchets humains (1980), lui vaut le Grand Prix littéraire d’Afrique noire et une reconnaissance internationale. Ses principaux ouvrages sont Le Jujubier du patriarche (1993) et Festins de la détresse (2005).
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Afrique contemporaine
Plan de l’article

Léopold Sédar Senghor
Cheikh Anta Diop
Ahmadou Kourouma
Cheikh Hamidou Kane
Mongo Beti
Amadou Hampâté Bâ
Kateb Yacine
Mohammed Choukri
Assia Djebar
Ken Bugul
Aminata Sow Fall

Pour citer cet article

« Les grands auteurs africains de langue française », Afrique contemporaine 1/2012 (n° 241) , p. 116-117
URL : http://www.cairn.info/revue-afrique-contemporaine-2012-1-page-116.htm.
DOI : 10.3917/afco.241.0116.
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